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20 octobre 2015 2 20 /10 /octobre /2015 05:47
RIE (éducation respectueuse): tu n'es pas obligé!

Aujourd'hui, un coup de gueule. Oui, des fois, j'en ai un peu marre, de la négativité.

 

Il y a presque un an, Maman Mymou m'a gentiment fait découvrir l'éduation respectueuse, RIE en anglais.

 

Notamment en ce qui concerne la gestion des crises de colère de Cromignon, ça a changé notre vie.

 

Pourtant, il n'y a rien d'extraordinaire au final. Je veux dire pas là que ce n'est pas une refonte totale de notre manière de faire, mais une avancée plutôt.

 

Il y a un certain nombre de choses qui ne vont pas de soi dans notre tête, parce qu'on n'a pas été élevés ainsi.

L'idée de ne plus punir, même en mettant au coin, est une de ces choses difficile à accepter et à envisager, par exemple. Pourtant concrêtement c'est simple et efficace en ce qui concerne le respect des règles par les enfants.

 

Une autre chose qui a été difficile pour moi, ça a été de ne plus focaliser sur les "petits trucs" gênants. Par exemple le fait que Cromignon ait tendance à gigotter sur sa chaise à table. Ou sur le fait qu'il puisse balancer "Tu es méchante, maman!" quand il est en colère.

Pourtant là aussi ça marche: moins je focalise, moins ça devient un souci dans ma tete et dans la sienne, moins il le fait.

 

 

Avant, je pouvais le mettre au coin 3 fois par jour pour un "tu es méchante". Mantenant il ne le dit plus du tout quotidiennenment. C'est devenu vraiment rare. Quand ça arrive, ça ne m'énnerve plus. Pourquoi? Parce que j'ai compris que le respect dans sa tête de 3/4 ans n'existe pas, et que ce que j'interprète comme un manque de respect n'est qu'une manifestation de sa colère, elle-même saine expression de ses émotions.

 

Du coup, "not a big deal", je lui fais remarquer les rares fois ou ça arrive que je préfèrerais qu'il ne me dise pas ça, c'est tout. Il ne le repète même plus. Avant il allait le hurler, depuis le coin, pendant 20 minutes.

 

Pour arriver à pratiquer l'éducation respectueuse, c'est à la fois simple et compliqué.  

 

Simple, parce qu'on a des conseils "concrêts", applicables aux situations du quotidien, problématiques ou non, et voilà.

 

Compliqué, parce que ça demande de réfléchir sur ses pratiques, de se remettre en question, de remettre ses propres parents en question, et de canaliser ses propres émotions. En clair et en bref, il faut avoir un peu de recul, être convaincu que c'est la bonne manière de faire. Et aussi ne pas considérer RIE comme un "truc" pour gérer les gamins "difficiles". C'est une approche globale.

 

La chance que j'ai eue, c'est qu'on était déjà bien avancés dans cette direction. Il a juste fallu faire tomber quelques barrières mentales.

 

 

Aujourd'hui je suis ravie de l'ambiance qui règne à la maison, et dans ma tête. Oui, c'est parfois tendu. La grande et le petit se chamaillent, Cromignon fatigué frappe le chien, Cromignon  frustré tente de mordre sa soeur, etc. Bien sûr, je ne vis pas dans la maison de Barbapapa. Aucune "méthode éducative" ne changera le caractère des enfants. On peut simplement mieux vivre tous ensemble, sans cris, sans énervement, en acceptant les difficultés, en acceptant qu'il faille être patient. Pas de miracle possible, il faut de la constance, de la répétition.

 

Ce qui a fondamentalement changé, c'est que maintenant j'ai un "process" pour chaque situation, qu'elle soit "tendue" ou non. Je sais ce que j'ai à faire, je sais comment gérer. Je suis rassurée quant à ma capacité à résoudre les problèmes. Je me sens détendue avec mon Cromignon. Mon état d'esprit est completement différent.

 

 

Le point représentatif qui montre bien que tout va beaucoup mieux, c'est que nous mangeons tous ensemble, dans la joie et la bonne humeur. Ca n'était plus arrivé depuis des semaines.

 

Bref, je suis convaincue que l'éducation respectueuse nous a vraiment fait évoluer dans le bon sens, et ça a été vérifiable dès le premier jour.

 

 

Du coup, je suis ravie, j'en parle, je partage. On m'a aidée, je me dis que je peux en aider d'autres, même si je ne me permet pas de donner des cours, je débute à peine, bien sûr.

 

 

Et j'en ai assez que trop de personnes m'opposent des raisons toutes faites sans avoir réfléchi.

Certains vont même jusqu'à dire qu'ils n'ont pas à lire quoi que ce soit, parce qu'ils ont du bon sens. Je me suis fatiguée à lire, moi, ça prend du temps, de l'énergie, c'est vrai. J'ai du bon sens aussi à la base pourtant, enfin je crois. Mais ça ne suffisait pas. Je ne savais pas malgré tout mon soi-disant bon sens qu'il y avait une alternative à l'éducation punitive, autre que le laxisme.

 

Beaucoup m'opposent le temps, alors que RIE me fait gagner un temps fou.

Ben oui, mais il faut réfléchir, établir des stratégies, lire un peu pour comprendre les bases. Tâtonner, essayer, réfléchir, discuter, recommencer. Gueuler un bon coup et mettre des baffes, c'est plus expéditif.

 

D'autres me questionnent, je répond tant que je peux, j'aiguille sur le blog de Maman Mymou et celui de Janet. Pour qu'ensuite soient catalogués "RIE" des trucs pas du tout respectueux de l'enfant, mais punitifs, exagérés, incompréhensible pour des petits cerveaux. La base de RIE, c'est le sens , enfin je crois. La logique, sans disproportion.

Sans laxisme, sans rigidité non plus.

 

Le but de l'éducation respecteuse ce n'est pas de se faire obéir de l'enfant, c'est de vivre ensemble harmonieusement. 

 

Le bonheur qui en ressort m'a semblé valoir quelques heures de lecture, quelques questionnements, de la concertation, du recul.

 

En prime, ça devient très vite completement automatique, du coup ce temps "perdu" au début est vite regagné.

 

 

J'ai aussi du mal avec la notion de "perdre son temps" quand il s'agit d'élever nos enfants.

Oui ça demande du temps, au moins au début. Ou ca demande de l'investissement. Non, ce n'est pas naturel parce qu'on n'a pas été elevés ainsi. Mais oui, ça vaut le coup. C'est la clé du bonheur et de l'harmonie familiale, en tous cas chez nous. Si tu ne veux pas perdre ton temps à élever tes enfants...je crois qu'on va parler d'autre chose...

 

Alors quand j'entends "mais ci, mais ça..." de la part de gens qui voudraient en fait qu'on leur livre clé en main un gamin docile et obéissant, désolée d'être un peu gavée.

 

Et ceux qui, faute de réflexion et de lecture, n'ont rien compris et postent de fausses informations sur leurs pratiques pas du tout respectueuses "ahhhh j'ai fait ci et ça, c'est RIE pourtant ça ne "marche" pas du tout!!!!" effraient ceux qui voudraient peut être s'y mettre inutilement.

 

Alors tu sais quoi? Si ta vie familiale est difficile, que tu es désespéré, que tu ne sais plus comment faire avec tes enfants, mais que tu n'as pas vraiment envie de te lancer dans l'éducation respecteuse, reste dans ta mouise et n'en dégoûte pas les autres. Ton but non avoué n'est pas de vivre heureux, mais de te plaindre.

 

Si tu veux qu'on change tes enfants en plantes vertes, rends les à la maternité et va chez le fleuriste.

 

Si tu penses que les cris, voire les coups et les brimades sont efficaces, parfait pour toi. Le gars qui a mis son gamin de 3 ans dans une machine à laver jusqu'à ce qu'il en meure voulait le punir d'avoir été agressif à l'école, un comble. On reproduit ce que nos parents ont fait. Chacun fait ce qu'il veut chez lui, ce n'est pas mon problème. Ne viens pas voir ce que je fais chez moi, merci.

 

Si tu penses que tes parents t'ont crié dessus et mis quelques baffes, et que tu ne vas pas faire différement parce que "c'était mieux avant", parfait. Si ça "fonctionne" chez toi, tant mieux. On peut remonter loin comme ça, jusqu'à l'époque pas si lointaine où le père avait droit de vie et de mort sur ses enfants, mais oui. Et pas au Moyen Age. Heureusement que d'autres ont été plus réfléchis et progressistes parce que sinon on en serait toujours là.

 

Si tu aimes critiquer, sache au moins ce que tu critiques: l'éducation bienveillante, positive, respecteuse, tu sais ce que c'est? Je ne pense pas. Critiquer sans connaître, un sport très répandu, hélas.

 

Il n'y a pas de manière idéale ou parfaite, et je ne détiens pas la vérité (hélas...), je ne suis qu'une imparfaite maman qui tente de faire de son mieux...comme nous toutes.

 

Billet un peu décousu désolée, je suis un peu furax.

 

 

 

 

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13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 05:51
Sur quoi lâcher prise? Education respectueuse (RIE).

La semaine dernière je te racontais comment on a mis en place un système de règles et de conséquences aux manquement aux règles selon RIE, l'éducation respectueuse.

 

Un point très important c'est de ne pas en avoir trop. Trop de règles crée un carcan autour de l'enfant qui a besoin de liberté pour s'épanouir, prendre des initiatives, se développer correctement.

 

Comment faire alors pour savoir quelles règles créer?

 

Avec l'homme, on s'est posés un peu et on a réfléchi.

 

Il y a plusieurs sortes de comportements qui nous gènent chez l'enfant.

 

  • Les comportements potentiellement dangereux. Ceux là font l'objet de règles, si l'enfant à tendance à les enfreindre bien sûr. donner la main en traversant la rue n'est pas négociable, mettre son manteau pour sortir quand il fait froid...

 

  • Les comportements socialement dérangeants. Arriver chez des amis et se mettre à sauter sur leur canapé avec ses chaussures pleines de boue n'est pas acceptable, par exemple. Ceux là font aussi l'objet de règles, si besoin.

 

  • Et les comportements ennuyeux pour nous mais qui font partie du développement normal de l'enfant. Ceux là ne doivent pas faire l'objet de règles, elles ne seraient ni applicables, ni productives, ni comprises par l'enfant, et surtout pas respectueuses de son développement.

 

Par exemple: jetter des objets encore et encore, patouiller à table ("on ne joue pas avec la nourriture" est sans dout l'un des précepte les moins RIE et le plus éloignés de la psychologie de l'enfant), gigoter à table, se mettre debout en mangeant (rester assis sans bouger pour un enfant de 2/3 ans c'est trèèèès compliqué), se mettre en colère ou bouder, grimper partout, vider des placards, jouer à l'eau en se lavant les mains et en mettre partout, salir et déchirer ses vêtements en jouant...liste non exhaustive!

 

Bien entendu il faut avoir un minimum de notions de ce que fait un enfant à tel ou tel âge, et pourquoi. La lecture d'un ou deux bouquin de psychologie de l'enfant ou de développement psycho-moteur n'est pas de trop.

 

Que faire alors? Lâcher prise, accepter que oui, son enfant a besoin de jetter 34 fois de suite son jouet et lui rendre à chaque fois. Oui, à table il met les mains dans la purée, la mélange avec la compote, étale le tout partout. Oui il rentre de l'école avec ses vêtements pleins de boue, il a joué à sauter dans les flaques, et c'est normal. Il y a des machines à laver pour ça. Oui il se met en colère parce que son bateau légo est détruit, et il balance ses légos partout. son système nerveux immature ne lui permet pas encore de gérer sans heurts ce genre de frustration.

 

Chez les PetitsDiables, on a choisi de laisser faire Cromignon, tout en lui signalant le désagrément causé: s'il mets de la compote dans l'eau par exemple, je lui dit que ça me déplait parce c'est du gâchis, qu'ensuite nous n'aurons plus de compote à manger. Mais je n'applique pas de conséquence "restrictive". S'il se lève sur sa chaise, s'il gigotte à table, je lui signale que c'est mauvais pour sa digestion, qu'il risque d'avoir mal au ventre. Mais pas de conséquences là non plus.

 

Avoir des enfants et les élever respectueusement, c'est aussi lâcher prise sur ce qui ne peut être évité dans leur développement normal, et l'accepter.

 

D'autres articles RIE ici chez moi, et ici chez Maman Mymou.

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 05:16
Education respectueuse (RIE): le tableau règles et conséquences

Quand nous avons débuté l'éducation respectueuse (RIE) avec Cromignon, nous avons cessé de le punir et de l'envoyer au coin.

Mais pas de punitions, ce ne signifie pas du tout laxisme, ou permissivté. Au contraire, et je t'en parlais déjà ici.

Il y a des règles, elles sont stictes, et ne pas les respecter entraîne des conséquences.

 

Cependant si tu attends que l'enfant ne respecte pas la règle pour définir la conséquence, l'enfant ne sera pas prévenu. Tu vas hésiter. Tu vas établir dans l'urgence une conséquence qui ne sera pas forcément appropriée.

Du coup tu risques de passer à côté de l'objectif qui est de faire comprendre la règle à l'enfant, et qu'il la respecte.

 

L'enfant sent quand tu hésites, quand tu n'es pas sûr de toi, et ça l'angoisse: il a besoin que tu sois un roc, un pilier pour lui.

Alors, avec l'homme, on s'est posés un peu et on a réfléchi.

 

On s'est rendu compte que les situations "conflictuelles" étaient en gros toujours les même. Que les règles que Cromignon trangressait étaient toujours les même.

 

On a donc établi, au calme, un tableau des règles et les conséquence à leurs manquements.

Attention, il ne faut pas qu'il y en ait trop, sinon l'enfant risque de refuser d'évoluer dans un carcan règlementaire, et il aura bien raison. 5 ou 6 règles "strictes" devraient suffire à rendre le quotidien plus agréable. En tous cas ici, ça a été radical en ce qui concerne l'ambiance à la maison.

 

Je te fais profiter des règles de Cromignon, absolument dans aucun ordre.

 

Règle "des chaussons": On ne marche pas pieds nus.

Conséquence au manquement: On ne peut plus continuer de jouer, on ne peut pas se déplacer.

 

Règle "de l'heure du repas": On vient manger quand c'est l'heure.

Conséquence au manquement:Celui qui ne vient pas n'a pas faim. Donc j''enlève son assiette.

 

Règle "de l'agressivité": On ne frappe pas, on ne mord pas. (Tu peux rigoler).

Conséquence au manquement:: L'actvité en cours s'arrête. S'il frappe sa soeur pendant qu'ils regardent le dessin animé, j'éteins le dessin animé. S'il la frappe pendant un jeu, le jeu est fini et chacun part sur une activité différente. S'il fait des gestes agressifs à table, le repas est terminé et j'enlève son assiette.

 

Règle "de l'extérieur": si ça se passe mal quand on n'est pas à la maison, on rentre. Ca, c'et surtout une règle pour moi...

 

Ca ce sont les règles claires et précises, après il y a ce que j'appelle le bon sens quotidien: on ne sort pas sans être suffisement couvert par exemple. MAis comme ce n'est pas un problème récurent chez nous, on n'en n'a pas fait une "règle".

 

Une fois qu'on a bien tout cadré et délimité, on est sûrs de nous, on sait aussi qu'on réagira de la même façon tous les deux, c'est plus cohérent. On aura la même réponse à chaque fois, pour plus de sens, et plus d'hésitations sur la conduite à tenir!

 

Cromignon a sauté de joie, étonnament, quand on les lui a lues: "chouette maman, des règles!!!!".

 

Quand il y a manquement à la règle, je la lui rappelle avec sa conséquence, une fois, et si elle n'est pas appliquée, je ne répète pas: j'applique.

 

 

Alors, tu en fais un, tableau des règles et conséquences?

 

 

Plus d'articles RIE ici.

 

 

 

 

 

 

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 05:05
Le point final: éducation respectueuse (RIE).

Un point important dans l'éducation respectueuse, ou RIE, c'est le fait que l'adulte soit le référent de l'enfant. L'image que Maman Mymou m'a apprise, c'est celle du rocher dans la tempête.

 

Au coeur de la crise, de la plus grosse colère, j'ai appris à me comporter en "chef d'entreprise", avec des process bien précis et définis, un tableau des règles, et les conséquences à leur manquement.

 

Pour instaurer tout ça, pour sécuriser l'enfant, il y a un détail absolument essentiel.

La manière et le ton avec lesquels on parle.

 

L'enfant a un énorme besoin de s'appuyer sur son parent, l'adulte se doit d'être sûr de lui, d'avoir les réponses claires et précises.

Être sûr de soi, ça s'entend.

 

As tu remarqué comme souvent, nos phrases se terminent par "ok? "d'accord?" ou une intonation interrogative, quand on parle à nos enfants?

Pourtant, on ne leur demande pas leur permission finalement!

 

"C'est l'heure, tu viens prendre ton bain?"

"On va manger, d'accord?"

"Viens mettre ton manteau, ok?"

Quel parent n'a pas parlé comme ça à ses enfants...

 

Mais cette manière de formuler les choses, c'est angoissant et insécurisant pour l'enfant qui se retrouve dans la situation de conforter l'adulte, au lieu du contraire.

Avec un petit bonhomme comme Cromignon c'est la crise assurée.

 

Parce qu'il risque bien de répondre "non", rien que pour voir, montrer sa désaprobation, voire le mal-être que mon attitude engendre chez lui...et après? Crise, colère, liée à cette angoisse de la toute-puissance, car l'enfant n'aime rien moins que se sentir investi de ces désisions. C'est l'adulte qui rythme la journée, qui décide de ce genre de choses "nécessaires": bain, nourriture, habillement...

 

Bien sûr, on peut laisser à l'enfant une marge de manoeuvre, comme de choisir entre deux manteaux par exemple. L'impliquer dans la prise des décision le rend aussi plus autonome, il se sent actif et non passif, c'est bien plus gratifiant.

 

On peut même l'amener à prendre lui même la bonne décision:

"Cromignon, on va sortir. Regarde par la fenêtre, quel temps fait-il?"

"Oh, il pleut maman!"

"Qu'est ce qu'on met quand il pleut?"

"L'imperméable rouge! Je l'adore!"

Et il court chercher son imper dans l'armoire pour le mettre lui même.

 

Mais je reviens à ma phrase "on sort, tu mets ton manteau?"

Depuis qu'on pratique RIE j'ai appris à dire "On sort. Tu vas mettre ton manteau." Avec un point final.

Ce n'est pas une question.

 

Parce que je suis sa maman, parce que je sais qu'on ne sort pas sans manteau au risque de prendre froid, parce que je suis garante de ce genre de choses, parce que ce n'est pas quelque chose de discutable.

 

Sécuriser l'enfant, le rassurer, c'est aussi lui montrer par notre façon de parler qu'on est sûr de nous, parce qu'on sait ce qu'il faut faire, on connait la réponse, on prend la bonne décision.

 

Être sûr de soi et le faire entendre, c'est une des bases de l'éducation respectueuse.

 

D'autres articles RIE ici.

 

 

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:22
Le "non mais oui" ou comment l'enfant comprend les limites.

Aujourd'hui je te parle non pas RIE-éducation respectueuse, quoi que bien sûr cette approche soit très respectueuse je pense, mais comment on a appris aux diablotins ce qu'ils avaient le droit de toucher, et le reste.

 

Tout est parti de la lecture de ce bouquin que je te recommande: "J'ai tout essayé", de Filliozat.

J'y ai compris comment l'enfant comprend certaines choses, complètement à l'opposé de que pense l'adulte.

 

Le cas pratique, ce sont les placards de la cuisine. Mais on l'a adapté partout, pour les prises électriques, les autres placards de la maison, etc.

Dans la cuisine donc, il y a plusieurs placards à la portée de Cromignon. Certains contiennent des choses dangereuses, comme les produits ménagers, ou fragiles, comme les saladiers et moules en verre. D'autres contiennent des choses pas dangereuses du tout et même carrément ludiques pour un enfant, comme les tupperwares par exemple.

 

Ici tu dois faire la différence entre dangereux et gênant pour toi. Certains ne voudront pas que leur enfant joue avec les casseroles par exemple. Mon attitude c'est de lâcher du lest. Quand on a des enfants, ce n'est pas pour que la cuisine soit parfaitement rangée, et la découverte du monde qui les entoure fait partie de notre job de parents. Empecher un enfant de triffouiller un peu, sans danger aucun, juste pour ne pas avoir à ranger après, c'est un peu dommage, et ça l'empèche de découvrir, de s'éveiller, de s'amuser...et à toi de faire la vaisselle tranquille pendant ce temps!

De plus, entourer l'enfant d'interdits "de confort" le met dans une situation où il n'a pas droit d'évoluer librement, mais dans la frustration.

Donc lâcher un peu sur certains trucs permet une meilleure harmonie, pour tout le monde.

 

Pour les placards donc, chez nous il y en a deux qui ne sont pas dangereux dans la cuisine: celui des casseroles et celui des tupperwares.

 

Concernant l'interdiction en elle-même et le fait que souvent, les parents disent: "je lui dis non, il me regarde et le fait, il me défie!", j'ai appris un truc hyyyyyyper important!

Non, ton enfant ne te défie pas! il demande juste une confirmation. Voilà ce que ça donne dans sa petite tête, s'il pouvait l'exprimer:

-"Non ne touche pas à ça, c'est dangereux".

L'enfant te regarde dans les yeux et touche le truc en question. Ca signifie en fait:

-"ça, papa? C'est bien ce truc que je ne dois pas toucher et qui est dangereux?"

 

Et c'est tout. Aucune "provocation" de sa part.

Quand à ce moment là le parent s'emporte "mais je viens de te dire de ne pas toucher à ça!!!", je te laisse imaginer l'incompréhension de l'enfant.

 

En pratique, comment ça se passe?

 

Je suis en train de faire la vaisselle. Cromignon (14 mois), se balade. Il ouvre le placard des produits dangereux. J'arrive, je m'accroupis, je lui dit"ce placard contient des produits dangereux. Je ne te laisserais pas y toucher car tu risques de te faire très mal. Mais ce placard-là, tu peux l'ouvrir" et je l'emmène ouvrir le placard à tupperwarres.

Il trifouille dedans puis se tourne vers celui des assiettes. Je réitère.

Etc. Certes ça peut prendre du temps, selon l'enfant, son âge, etc. Plus de temps que de mettre des bloque-porte. Mais c'est aussi bien plus éducatif. Aujourd'hui Cromignon ne fouille jamais dans les placards interdits, n'a jamais touché une prise, et quand je prends bien le temps d'assortir une interdiction par une ouverture, il comprend tout de suite et accepte la règle. Je n'ai jamais mis de bloque-porte nulle part chez moi.

Bien sûr, on n'est jamais à l'abri d'une connerie un jour, même s'il n'y en a jamais eue, mais j'ai choisi de faire confiance à mon fils et à notre éducation. De toutes facons à son âge il pourrait ouvrir les bloque-portes s'il le souhaite, et j'ai pléthore d'exemples d'enfants qui ont bu le liquide vaisselle ou autre javel malgré les bloques-portes.

 

Je tente depuis d'ouvrir les interdits, autant que possibel: "ne marche pas sur le bord de la rivière, c'est dangereux et ça me fait peur car tu pourrais tomber. Sur ce côté-là, tu peux marcher et même courir".

Etc...

 

C'est une façon d'aborder les interdictions un peu différente, mais tellement harmonieuse!

 

Et toi, comment tu fais pour les interdictions?

 

D'autres articles RIE ici.

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:50
Brève de CDI: RIE (éducation respectueuse) au collège.

Je travaille dans un collège difficile, classé sensible, zone violence, etc.

Parfois c'est mouvementé, et c'est souvent agité.

 

Un des points noirs, c'est la circulation dans les couloirs.

 

Souvent les élèves y sont ingérables.

 

Avec mon travail, je vais souvent chercher des classes dans leur salles après les sonneries, et je les amène dans mon CDI pour telle ou telle activité.

Les canaliser dans le couloir, c'est quelque chose. Et si je n'y arrive pas, c'est clairement craignos, vu qu'il n'y a que nous dans le couloir, les autres classes sont déjà au travail.

 

Ce que je leur demande, c'est de descendre en rang, d'un bloc, sans s'étirer tout au long du couloir, et bien entendu silencieusement.

Ahah.

 

Un jour, je devais aller chercher une classe particulièrement...hem...pleine de vie, dirais-je gentiment. Si tu veux je t'expliquerais méchament, ou réalistement, mais en privé!

 

Je suis montée, j'ai sortis les affreux dans le couloir, je les ai rangés manu militari (ce qui vu mon gabarit et celui des élèves requiert un physique sportif, crois moi).

 

J'ai avancé de 2 cm, et c'était déjà le bordel derrière moi.

Alors je me suis dit: "et si je tentais juste de leur expliquer?"

 

Parce qu'on part tous du princpe que les élèves savent le pourquoi des règles. Mais on se trompe. Les mots sur les choses, c'est toujours un sacré plus en éducation. Même si ça semble évident.

 

J'ai sorti mon plus beau sourire, et je leur ai demandé s'ils savaient pourquoi on leur demandait d'avancer en rang sans faire de bruit.

J'ai récolté un silence...

 

Je leur ai donc expliqué, en les regardant tour à tour dans les yeux, en souriant, d'une voix douce et posée les raisons de ces règles.

J'ai cru déceler des lueurs dans leurs regards, sisisisi. Rien que le fait de leur parler comme à des êtres humains normalement contitués, crois-moi, ça les a scotchés. Un adulte au collège qui ne leur hurle pas dessus, ça change! Même moi j'étais étonnée par le propre son de ma voix!

 

Je tu promets que je suis descendue jusqu'à mon CDI avec un groupe en rang, calme et aussi silencieux que possible.

Je sais bien que la nouveauté marche toujours, ou presque, et que ce sera sans doute one shot, mais je t'avoue que j'étais moi-même bluffée. Et je vais recommencer!

 

D'autres articles RIE par ici.

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 06:08

Aujourd'hui je vais te parler, comme souvent, colères chez l'enfant et éducation respectueuse.

 

emotions_colere_clr.jpg

*crédit photo


Cromignon est d'un naturel colérique.

Avant, quand nous étions "bienveillants", la réponse que nous apportions à ces crises était la mise en retrait: le coin.


Cromignon refusait d'y aller, je le portais, il tentait de frapper, je le grondais, il refusait de rester au coin, criait, hurlait, se débattait.

 

punir

 


Pourquoi le coin n'est pas une réponse adaptés aux crises de colère?


Parce qu'il faut une réponse qui ait du sens. La coin est vécu dans ce cas comme une "punition générique" sans aucun lien avec la cause de la colère ni la colère en elle même. De plus, la mise au coin sous-entend que l'enfant est acteur de sa colère, qu'il la contrôle, la provoque et peut l'arrêter s'il le souhaite.

C'est faux, il la subit et n'y peut rien. La colère est son moyen d'expression, comme j'en parlais déjà ici. La mise au coin entraîne un sentiment de honte, de frustration, et de dévalorisation...qui amèneront l'enfant à se mettre toujours plus en colère par la suite.


 

Que faire face à la colère, alors?


Je vais te raconter comment on gère les crises de colère de Cromignon selon RIE.


La cause de la colère est importante, il faut la verbaliser. Ne pas oublier avant tout que c'est normal, que ton enfant est normal, que son cerveau n'a pas encore la faculté de gérer autrement ses frustrations.


Cromignon joue avec sa soeur aux pirates, son jeu favori du moment. Puis, sa soeur n'a plus envie de jouer. Il commence par demander gentiment "s'il te plait Pouillette, joue encore, s'il te plait...". Elle refuse, il insiste de plus en plus. J'interviens en commentant: :"Je vois que tu as encore envie de jouer avec la Pouillette. Mais elle n'a plus envie, et on ne force pas les gens à jouer quand ils n'ont pas envie. Tu peux jouer un peu seul, et ensuite tu lui demanderas à nouveau si elle a envie de recommencer".

Il s'énerve: "je veuuuuux jouer Pouillette!!!!" Et il frappe sa soeur, la pousse, lui balance un  truc...

 

bagarre-generale-entre-Tom-et-Jerry.gif

*crédit photo


J'interviens, je le bloque en disant "Je ne te laisserais pas frapper ta soeur, ça fait mal. Je suis ta maman, je t'aime" Il se met à crier, à tenter de me frapper, je bloque ses mouvements.

Mon mantra dans ma tête me permet de rester vraiment calme, et pas qu'en apparence: "not a big deal. C'est normal. Il exprime sa frustration. Il n'y peur rien. Not a big deal."

 

En général, ses colères s'arrêtent là maintenant. Il se met à pleurer à chaudes larmes et se jette dans mes bras. On fait un gros câlin et je le rassure sur mon amour pour lui. Je lui redis que Pouillette a le droit de ne pas avoir envie de jouer, mais qu'ils peuvent faire un dessin ensemble par exemple. Souvent, il me dit "pardon" de lui même, sans que je ne lui réclamme.

Et c'est vraiment fini, ça ne repart pas quelques minutes après.

 

Mais parfois, ça ne s'arrête pas là. Il continue de crier, balance des "tu es méchante!!!!" et tente de me frapper encore et encore. Au bout de quelques minutes, je lui dit alors "tu es trop en colère Cromignon. Je vais te porter jusque dans la cuisine (la salle de bain, la chambre, le bureau...je varie pour qu'une pièce ne soit pas assimiliée à la colère) et on va attendre que tu sois calmé ensemble."

Je le prends, en calant ses bras pour qu'il ne frappe pas, et l'emmène dans une autre pièce. Je le pose, et il continue à essayer de me frapper, puis va faire un tour en criant, puis revient tenter de me frapper, etc.


Je suis toujours calme à l'intérieur, je sais qu'il tente de se détendre, que c'est sa manière de le faire, et je sais qu'il va y arriver. Souvent, ça se termine ainsi: il fait 3 ou 4 allées et venues en criant, tente de me frapper au passage, je pare ses coups en lui répétant que "je ne te laisserais pas me frapper, ça fait mal", et je lui rappelle une ou deux fois que je l'aime. Je crois que ce rappel a une grande importance pour lui, mais aussi pour moi: ça me permet de rester calme pour de vrai, parce que ça me rappelle que je suis devant mon petit bonhomme qui est mal, et pas devant un sale môme qui hurle et frappe et ne mérite qu'une bonne fessée. Que je suis sa maman, que c'est mon rôle de l'aider, de l'éduquer, de lui apprendre à canaliser ses émotions. Finalement alors que je parerais un de ses coups, il va fondre en larmes et tomber dans mes bras.

 

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*crédit photo

 


Mais quelques fois encore, ça ne s'arrête pas là. Quand il est vraiment incontrôlable et tente tant et tant de me frapper que je ne n'arrive pas à parer ses coups, qu'il est limite hystérique, j'ai encore deux options.


Soit je le "saucissonne"; je le serre fort dans mes bras en lui disant des mots réconfortants et empèche ainsi tous ses mouvements. Ca a la vertu de l'aider à se sentir "canalisé", et provoque une libération dans son cerveau d'hormones apaisantes. Par contre ne rêvons pas, ça ne se voit pas tout de suite! En général il hurle de plus belle. Pour finir par enfin, fondre en larmes...


Mais quand le "saucissonage" n'est pas suffisant, c'est à dire que serré dans mes bras, il tente de me mordre par exemple, alors je le pose et lui explique que je ne peux plus rester avec lui parce que je ne veux pas qu'il me fasse mal. Que je vais sortir de la pièce une minute. Là, je vois bien que ça l'effraie au plus haut point, car il hurle de plus belle "ne pars pas, maman!!!!". Comme quoi la mise au coin, tout seul, était très effrayante pour lui.

Je lui répète que je reste juste derrière la porte et que je reviens dans une minute, mais que je ne peux pas rester avec lui parce qu'il risque de me faire mal.

Je sors, je maintiens la porte fermée, derrière il est déchaîné et tente de l'ouvrir par tous les moyens. Je lui parle de derrière la porte, je commente ce qu'il se passe dans sa tête: "tu es très en colère Cromignon. La colère va partir bientôt, et tout ira bien, et on ira faire un câlin, ou jouer."

Je ne reste pas plus d'une minute, et je reviens. Et ensuite je recommence si besoin, en alternant parfois avec le "saucissonnage", jusqu'à ce qu'il fonde en larmes dans mes bras.

 


Quand ça a été aussi loin, ce qui est maintenant rare, il me demande ensuite de le prendre dans ses bras et de marcher dans la maison, comme quand il était tout bébé et que je le baladais pour calmer ses coliques...mon tout petit.

Ca l'apaise, et ensuite on reparle un peu, mais pas trop (not a big deal!) de la grosse, grosse colère.

 

Voilà en pratique comment maintenantje gère les colères de Cromignon, avec RIE. Il en fait tellement moins qu'avant que j'ai bon espoir que ça disparaisse complêtement bientôt. Mais s'il y en a encore, je suis prête, je sais quoi faire, et tout se termine toujours bien.

 

Plus d'infos RIE chez Maman Mymou.

 


 

Et toi, comment tu gères les colères de tes enfants?

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 06:56

Quand je parle autour de moi de RIE, l'éducation respectueuse non punitive que nous pratiquons avec Cromignon, beaucoup de personnes me répondent: "ah oui, c'est chouette, mais on n'a pas toujours le temps".


L'exemple parfait c'est le moment de sortir, et l'enfant qui refuse de s'habiller par exemple, alors qu'il faut partir dans les deux minutes.

Je t'avoue que je pensais un peu pareil, quand Maman Mymou m'en a parlé au début.

 

 

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Maintenant j'ai compris que bien loin de te faire perdre du temps, l'éducation respectueuse va t'en faire gagner.

 

Oui, parce que si l'éducation respectueuse permet une meilleure harmonie familiale, il faut aussi être pragmatique, ce que je suis.

 

Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on élève respecteusement ses enfants, les crises s'estompent. Il y en a bien moins. Et ça, c'est du vécu.


Avant, je pouvais mettre mon Cromignon colérique jusqu'à 10 fois par jour au coin, et même plus. Il n'y restait pas, hurlait, se débattait, se mettait dans des états proches de l'hystérie. Je l'y maintenais, et ça pouvait durer, durer, durer...


C'était très épouvant, et chronophage. Quand ça arrivait à table, mon repas était froid. Quand c'était avant d'aller au bain, on dépassait l'heure et pour ne pas trop décaler le coucher, on zappait le bain ou on faisait une douche rapide. Quand c'était au moment de sortir, on se mettait en retard. En même temps j'ai la chance que Cromignon ne soit pas trop réfractaire du manteau et des chaussures: il adore sortir. Mais parfois ça pouvait arriver au réveil: il ne veut pas sortir de son lit ni s'habiller.


La mise au coin me prenait facile minimum 10 minutes avant qu'il ne se calme. Imagine 10  fois par jour.

 

Aujourd'hui Cromignon doit faire une ou deux "crises chronophages" par semaine au maximum. Parfois ça prend du temps en effet pour qu'il "chasse la colère" mais pas plus qu'avant. Et ça se termine toujours dans les bisous et les câlins, plutot que dans la crispation. Il n'en refait jamais une autre juste après, contrairement à avant.

 

Donc je gagne juste énormément de temps, et je m'en rend compte: on a plus de temps pour jouer ensemble, regarder des dessins animés, se faire des chatouilles...

 

Quand on pratique RIE, il y aura quand même des crises, des colères, des moments difficiles, des fois où on sera en retard à cause du petit qui n'a pas voulu mettre son bonnet. Mais il y en aura de moins en moins. L'enfant qui se sent écouté et respecté sera plus calme, plus serein au quotidien. Il est plus coopératif, puisqu'il se sent écouté. Et on sait mieux comment gérer, sans s'énerver, sans agraver la situation. C'est vraiment du vécu.

Ce qui te fait perdre du temps, c'est la colère de l'enfant, pas sa gestion respectueuse.

 

Ce n'est pas une "méthode" pour changer les enfants et les rendre dociles et obéissants, mais une approche qui permet de vivre plus en harmonie en famille.

 

La semaine prochaine, je te raconterais comment je gère les crises de colère de Cromignon concrêtement avec RIE.

 

 

Alors, tu penses toujours que RIE prend trop de temps?

 

 

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 06:05

Depuis que Cromignon nous a montré son caractère parfois colérique, nous avions à coeur d'éviter les crises.

 

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*crédit photo


Et je sais que je ne suis pas la seule...essaye juste de taper "eviter les crises" ou "eviter les colères" sur google, tu m'en diras des nouvelles. Tout le monde ou presque y va de ses méthodes, de ses astuces, de ses trucs plus ou moins miracles, avec plus ou moins de bon sens dedans, de ses interrogations diverses et variées.

 


Qu'est ce qu'une colère chez l'enfant?


Loin d'être un "caprice", la colère est le seul moyen qu'a l'enfant pour exprimer le trop plein d'émotion qu'il ressent à ce moment là. Qu'il soit frustré, fatigué, affamé...il n'arrive pas à l'extérioriser autrement.

La colère est donc une saine réaction, finalement.


Les astuces, qui vont de céder s'il s'agit d'une frustration, détourner l'attention, le faire rire, le menacer, à faire du chantage à tout ce qu'on peut (bonbon, père noël etc...) ne font que contourner le problème et empèchent l'enfant d'exprimer ses émotions. Ce n'est pas respectueux de l'enfant et de ce qu'il ressent et exprime. Ca ne prend pas en compte ses besoins.


Si un ami vient te voir en pleurant parce qu'il a une peine de coeur, est ce que tu vas lui promettre un gâteau s'il cesse de pleurer? Ou lui raconter des blagues pour le faire rire?

Bien sûr que non. Tu vas l'écouter, accuellir sa douleur, lui préter ton épaule, lui donner des mouchoirs.


C'est pareil avec les colères et crises des petits.


S'il se met en colère, écoute d'abord quelle émotion quel besoin il exprime. Il est fatigué? il faut enchaîner pour qu'il puisse se reposer, rentrer si tu es dehors. Il a faim, soif? Satisfais son besoin.


Il est frustré, il voudrait quelque chose qu'il ne peut pas avoir de suite? Verbalise, commente ses émotions, un peu comme si tu parlais pour lui. "Je vois que tu es en colère. Tu voudrais continuer de jouer. Tu es très fâché que ce soit l'heure du bain et que tu doives arrêter. Je vais te laisser te calmer quelques minutes, et ensuite nous irons tous les deux dans la salle de bain. Après le bain, tu pourras jouer encore".

Là, tu vacques trois minutes (pas plus!) à autre chose en le laissant criser, mais tu restes dans la même pièce quand même, car il a besoin de toi.

Puis tu reviens, et d'un ton ferme et décidé (très rassurant pour l'enfant): "maintenant c'est l'heure pour que tu prennes ton bain. Si tu veux tu peux venir tout seul. Sinon je te portes". Et hop, d'une manière ou d'une autre, crise ou pas, au bain.

Ca c'est du vécu...


Quand l'enfant crise, il est déjà en train de se calmer, la crise EST sa réponse au stress, c'est par elle qu'il se calme.


Accueillir les crises comme un moyen d'expression, les recevoir, les comprendre, accompagner son enfant sans le culpabiliser (il n'y peut rien!): c'est possible!


Je te l'accorde, c'est plus facile à dire qu'à faire. Il y a des situations où c'est compliqué, surtout quand on rajoute le regard des autres. Mais ce qui importe c'est le bien être de l'enfant et de ses parents, pas ce que pense la voisine ou la caissière.

 

Alors, on essaye?

 

La semaine dernière je te racontais comment éduquer sans punir et sans laxisme.

 

Plus d'infos RIE chez Maman Mymou.

 

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 06:44

Ca fait quelques semaines maintenant que nous découvrons RIE, l'éducation respectueuse.


Nous étions déjà dans la mouvance, pas de violences, pas de cris chez nous. Nous appliquions l'éducation bienveillante tendance Filliozat depuis des années.



Cependant face aux crises de colère de Cromignon, nous étions démunis et notre seule réponse était la mise au coin.

 

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*crédit photo

 


Et puis j'ai découvert, grâce à Maman Mymou, la "méthode" RIE, qu'elle traduit avec justesse par "éducation respectueuse". Le mot "méthode" ne me plaît pas, c'est plus une approche, un art de vivre ensemble, qu'une "méthode" qui "marche" ou pas.

 


Un des points les plus importants de RIE: on ne punit pas.


J'entends d'ici les "oh!" "ah!" "mais c'est du laxisme, les enfants font donc ce qu'ils veulent???"

Et crois moi, pleine de préjugés que j'étais, je le pensais aussi si on revient trois mois en arrière.


Par ignorance, parce qu'on m'a élevée comme ça, parce que je ne voyais pas d'alternative.

 


Mais aujourd'hui j'ai compris que c'est exactement l'inverse: quand on éduque sans punir, on se doit d'être plus rigoureux que rigoureux. Et pourtant je croyais être stricte en éducation...mais j'ai découvert que pas tant que ça!

 


Quand on punit ses enfants, on n'aime pas ça, pas vrai? Quand Cromignon faisait une colère parce qu'il ne voulait pas venir manger par exemple, ça m'usait de le mettre au coin, de l'y maintenir, 10, 15, 20 minutes, alors qu'il hurlait et se débattait. Ca demande beaucoup d'énergie, c'est assez desespérant surtout dans les périodes ou ça se produit plusieurs fois par jour.

 


J'avais forcément tendance à négocier pour éviter la punition.


A tergiverser, à retarder le ,moment pourtant inéluctable à 90%, où j'allais mettre mon fils au coin avec armes et fracas!

 


Ca pouvait donner: "attention arrête de gigoter, je compte jusqu'à 3! 1...2.....................attention ça va être le coin!!!!!!............ bon, si tu n'arrêtes pas dans une minute c'est le coin!!!!!"

Pour finir bien entendu au coin.

 

 

Pour l'enfant, une punition générique comme le coin n'a aucun sens: en effet, aucun rapport, aucune possibilité de réparation, et il va développer un sentiment de honte, d'être mauvais, méchant. Aucune raison donc de s'améliorer, de respecter les règles, puisque l'adulte lui renvoie une image négative de lui même.

 

Un matin, peu avant Noël, Cromignon m'a dit en se levant "Maman, je crois que le Père noël ne m'apportera pas de cadeau".

"Pourquoi est ce que tu dis ça, Cromignon?"

"Parce que je ne suis pas sage. Je fais trop de colères".

Mon coeur s'est fendu. Quelle image mon fils avait-il de lui même? Et quand tu sais la passion qu'il voue au Père Noël, c'est encore plus triste.


 

Maintenant nous ne mettons plus Cromignon au coin, mais ses actes ne restent pas sans conséquences.


Les règles de vies sont clairement énoncées et expliquées.


Par exemple pour le cas du repas: Cromignon avait tendance à gigoter, descendre, monter etc.


On lui a réexpliqué: "Il faut rester assis quand on mange, parce que sinon le ventre n'arrive pas à bien digérer et tu risques d'avoir mal. De plus, tu nous déranges, quand nous mangeons, nous, bien assis tranquillement."


Et ensuite la conséquence de son acte: "si tu descends de table et que tu pars dans le salon pour jouer, tu ne peux  plus revenir à table. Ca signifie que tu n'as plus faim: ton repas est fini et j'enlève ton assiette."

 

Evidemment, en cas de repas un peu mouvementé, je rappelle les consignes, les règles et leur explication. Eduquer, c'est répéter. Simplement et clairement.


Et ensuite, je m'y tiens. Si j'enlève son assiette, je ne la remets pas. Et je suis prête à en subir les conséquences et à gérer ce qui risque de suivre.


Mais tu sais quoi? Ce n'est jamais arrivé.


Alors que les repas étaient devenus des enfers tels que j'en avais des maux d'estomac terribles, que je n'arrivais plus à me nourrir, aujourd'hui nous mangeons tous ensemble dans la joie et la bonne humeur.


Quand j'appelle pour passer à table, Cromignon vient sans rechigner 90% des fois, et mange sans sortir de table sauf pour aller chercher son dessert, et bien sûr quand il a fini son repas.

 

Eduquer sans punir selon RIE, c'est établir des règles claires et précises, les expliquer, définir les conséquences en cas de manquement, et surtout, s'y tenir.


Les enfants ont besoin de de règles, d'être rassurés par un encadrement clair et défini. Quoi de plus respectueux que de le leur fournir?

 

 

Mon Être mère pour Babidji!

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