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17 février 2021 3 17 /02 /février /2021 07:28
Mars 2021, mesures sanitaires et covid: comment on a survécu à la 3ème période au collège.

On est toujours là, qui l'eût cru?

Pas nous.

La rentrée de janvier n'a pas été si dure en plus.

 

On a remarqué au collège un relâchement significatif dans les gestes barrières par les élèves.

Bêtement, on les avait crus plus ou moins acquis. Nouilles que nous sommes.

Donc, déjà que c'était pas la fête (mais ça semblait suffire vu le peu de contaminations qu'on a eues jusqu'en décembre), là c'est devenu la foire.

Il a fallu leur répéter, à chaque début d'heure pendant 7 semaines de se laver les mains en entrant. 

Répéter 8 fois par heure "N'Zo / Djoulhyännya, remets ton masque sur ton nez".

Voire distribuer quelques heures de colles, histoire de calmer le jeu une heure, voire deux.

Aérer par -2, donc se peler, hésiter à refermer parce que la pneumonie guette, laisser ouvert au vu des 50 mouchoirs pourris utilisés par Aboubacar-Jacky (qui en mets la moitié sur ses mains en passant) en 15 minutes.

Se sentir trembler à chaque élève qui arrive en crachant ses poumons. D'habitude je tremblais déjà, mais de choper sa bronchite!

 

Et puis les cas positifs et les malades ont commencé. Des cas élèves, des malades, des asymptomatiques. On n'avait quasi rien eu depuis septembre mais là, on a senti la vague.

Des classes fermées. Mais leurs profs au travail: même si on a passé 2h avec eux la veille dans 20m2, on n'est pas considérés comme cas contacts. Et en prime on est prévenus 2 jours après. Le prof est un super-héros, sache-le, au système immunitaire hyper performant. D'ailleurs le vaccin a été créé à partir de cellules-souches de prof. Sisi.

Peu de contagions d'adultes en plus, comme quoi, c'est peut-être pas faux!

A un moment, je me suis demandé si le collège allait fermer, quelques jours? Mais vu qu'un collège pas très loin n'a pas fermé alors qu'ils ont eu 60 cas avérés, j'ai compris que non: le mot d'ordre semble être "ne pas fermer coûte que coûte". Ou presque.

 

J'ai eu 2, 3 moment de légère panique, et puis c'est passé: je fais beaucoup de sport, ça aide.

J'ai aussi eu beaucoup de travail: ça aide aussi finalement. On fonce, on oublie.

 

Vu que les profs à risque ont pu être placés en télétravail, que ceux qui restent sont motivés (et ont des globules de compète, rappelle-toi), on a bien tenu. 

Je ne sache pas que beaucoup plus de classes aient fermé en France pendant cette période, ni qu'il y ait eu pléthore de profs contaminés: c'est au final que ça ne marche, toujours, pas si mal.

 

Je me demande s'il ne serait tout de même pas judicieux de vacciner aussi de façon un peu plus prioritaire que le reste de la population, le personnel enseignant (tout comme ceux qui sont au contact chaque jour d'un grand nombre de personnes).

 

On va s'en sortir, on y croit.

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 07:48
Janvier 2021, mesures sanitaires et covid: comment on a survécu à la 2ème période au collège.

En un mot: mal.

La rentrée de novembre 2020 après les vacances de la Toussaint a été un difficile.

 

Le non-confinement pour les établissements scolaires a pour beaucoup été vécu comme une iniquité. Autant on a bien "compris" que les maternelles et primaires ne "pouvaient" plus fermer, quels que soient les risques, car les parents ne peuvent pas travailler avec les enfants à la maison. Autant on n'a pas compris pour les lycées et les grands du collège, à minima  les 4èmes/3èmes, que ne soit pas mises en place systématiquement des cours en distanciels, au moins par groupes.

C'est pas comme si on n'avait pas eu des mois pour préparer ça.

 

On a mal vécu de se sentir considérés comme la grande garderie nationale, avec des moyens pour nous protéger plutôt légers.

Nettoyage des mains, masques, elèves qui restent dans leurs salles de classe et aération de plus en plus compliquée à mesure que les températures descendent...sachant que tout ce petit monde se retrouve sans masque à la cantine, ça semblait juste.

 

Les profs ont été épuisés par les changements de classe à chaque heure. Imagine, tu es avec la 4eme5 au 3ème étage du batiment A. Sans ascenceur, tu dois être l'heure d'après, avec tes cours et tout ton barda, au 2ème étage du batiment C à l'autre bout de la cour. Et ainsi de suite. En arrivant, les élèves laissés à eux-mêmes sont survoltés, tu mets 5 minutes à les calmer. Tu dois te connecter et faire l'appel etc.

Beaucoup de profs ont été absents, tombés malades car très fatigués. La pression des classes retombe alors sur la vie scolaire et l'administration.

Sans parler des profs absents car personnel à risque, non remplaçés. Dans mon collège il y en a 4 ou 5. Ils font passer des cours en distanciel comme ils peuvent.

 

L'assinat du collègue Samuel Paty, déjà passé aux oubliettes, a achevé de nous mettre dans une ambiance hyper tendue. On ne voulait pas qu'il soit mort pour rien, on voulait des mesures, de la considération, de la protection, que les hiérarchies et que le système cesse de jouer l'omerta mais hélas, on voit bien que même avec des morts, l'éducation nationale continue sur le même chemin.

 

Bref, ce fut sinistre, morose, épuisant.

 

Mais pourtant on constate que très peu de classes ont fermé. Que les mesures sanitaires, aussi imparfaites soient-elles, semblent marcher. Dans mon collège, on a eu très peu de contamination élèves, ce sont plus des adultes qui ont été malades. Pour un collège de 900 élèves, c'est surprenant et un indice que finalement, on ne se protège pas si mal.

 

En tous cas on est toujours là, contents de pouvoir faire notre travail même si on préfèrerais que nos conditions d'enseignement soient enfin revalorisées.

 

 

 

 

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22 octobre 2020 4 22 /10 /octobre /2020 06:23
source https://www.huffingtonpost.fr/entry/pourquoi-fermer-les-ecoles-face-au-coronavirus-alors-que-les-enfants-semblent-peu-touches_fr_5e610a81c5b62d548c9e7769

source https://www.huffingtonpost.fr/entry/pourquoi-fermer-les-ecoles-face-au-coronavirus-alors-que-les-enfants-semblent-peu-touches_fr_5e610a81c5b62d548c9e7769

Nous sommes arrivés aux vacances de la Toussaint, et je pense que faire un premier bilan en tant que prof de cette première période peut être une bonne idée.

 

Je te l'avoue, quand nous sommens rentrés le 1er septembre, j'étais convaincue qu'on allait se dire bonjour, faire un petit tour et puis s'en vont. Le virus est très contagieux, les écoles sont des endroits où clairement il est impossible de respecter les mesures sanitaires, alors je pariais sur 2 ou 3 semaines avant que ça flambe sévère.

 

Surtout que dans mon collège, il y a environ 900 élèves, de plusieurs communes, beaucoup viennent en bus.

Plus une bonne centaine d'adultes.

Un bon nid à virus.

D'ailleurs en temps normal, grippe et gastro se font plaisir ici.

 

J'ai pu voir les élèves à l'oeuvre. Masques tripotés, relevés, remis, visages gratouillés, toute la journée. Distanciation zéro, câlins et bises...comment leur en vouloir, ce sont des gamins.

 

De plus à la cantine pas de masques évidement, et dans les classes, à 30 dans 20m2 pendant 6h, il faut pas rêver. Les masques ça aide mais c'est pas magique.

Les lavages de mains sont quant à eux bien respectés, d'après ce que j'ai vu. Mais là encore, à 1000 personnes...à un moment...

Eh bien figure toi que j'avais tort.

 

Si on regarde en local, et même au national: 1 million de profs, 9 millions d'élèves, pour combien de fermetures? Finalement très peu.

 

Ici on a eu 3 cas avérés, quelques cas contacts, point. Pas de flambée. Sur 1000! C'est vraiment léger.

 

Alors quoi?

Alors je pense que, quelqu'imparfaites qu'elles soient, même imparfaitement respectées, les mesures sanitaires fonctionnent plutôt bien.

 

On se fait au port du masque en enseignant, c'est certes pas confortable mais le froid arrivant, c'est plus facile.

 

A ce propos, pour les complotistes, nul n'est encore mort de porter un masque (pour le moment!). Et si nous, les profs, on arrive à les garder en faisant cours 6h ou 7h, crois-moi beaucoup peuvent le faire sans domages. 

Il y a même un mec qui a couru un marathon masqué et n'avait aucun soucis d'oxygénation ou autre à l'arrivée, donc keep cool.

Seuls les enseignants sont empoissonés avec leurs masques Dim apparement, mais c'est à petit feu, on ne va pas tomber comme des mouches non plus...

 

Bien malin celui qui peut prédire ce que la prochaine période nous réserve mais je pense que rester optimiste ne gâche jamais rien. Et vu que pour le moment la catastrophe n'est pas arrivée, on peut esperer qu'elle n'arrivera pas du tout.

 

En attendant, sortez masqués et pensez au gel!

 

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 06:35
Famille nombreuse, la BD sur ma table de chevet. [test et avis]

S'il y a un livre que je recommande à tous, que je relis avec délectation, que j'offre à mes amis lecteurs (si tu es mon ami, que je ne te l'ai pas offerte, c'est parce que je penses juste que tu ne lis pas trop. N'hésite pas à me faire savoir que tu lis d'ailleurs!

Je pense en avoir acheté une bonne dizaine en un an pour gâter mes proches et tout le monde adore.

Dans mon collège évidemment, on peut la trouver en tête de gondole dans mon CDI et les élèves aussi ont bien accroché.

De quoi ça parle?

Cette BD autobiographique raconte l'arrivée et la vie de la famille tunisienne de Chadia en France, l'enfance de l'héroïne et de ses nombreux frères et soeurs puisque qu'ils seront 11 enfants dans la fratrie. Respect total aux parents!

Famille nombreuse, la BD sur ma table de chevet. [test et avis]

Dans ce un recit plein d'humour, on découvre le quotidien et les anectodes amusantes et touchantes qui rythment le quotidien de cette famille où on ne s'ennuie jamais.

Les images sont assez graphiques, j'aime beaucoup le trait de cette illustratrice par ailleurs car elle dessine pour beaucoup d'autres supports.

Famille nombreuse, la BD sur ma table de chevet. [test et avis]

J'ai aussi eu un énorme coup de coeur car...je me suis reconnue en Emilie la copine française aux tâches de rousseurs (c'est tellement moi enfant!)  et j'ai reconnu ma BFF R. en cette gamine aux cheveux rebelles et à la pilosité un peu fantasque. Mais vraiment. C'est tellement elle aussi!

Je me suis dit que cette histoire devait sans doute parler à d'autres...

J'ai été touchée, j'ai ri, je me suis sentie nostalgique de cette époque que j'ai bien connu et de cette histoire dans laquelle tant de mes proches se reconnaîtront, finalement.

 

Elle ne quitte pas ma table de chevet depuis des mois et je m'y replonge régulièrement.

J'ai la chance d'avoir rencontré l'auteure qui est juste adorable et d'avoir 1 exemplaire dédicacé pour moi, un pour mon CDI en plus...j'adore les dédicaces!

 

Une BD à mettre d'urgence dans toutes les mains.

 

Et la suite sort en septembre! 

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 07:21
La fin du congé parental.

Polochon a aujourd'hui 16 mois.

Nous avions prévu avec l'homme que je resterais à la maison avec lui pendant deux ans. C'est la durée maximale du congé parental aujourd'hui, merci la réforme. Ce qui nous aurait amenés en octobre.

 

Mais il y a eu un imprévu financier. Un gros. L'homme est en poste loin de chez nous depuis septembre, ce n'était pas du tout prévu.

Plusieurs nuits d'hôtel par semaine plus les trajets en train ont complètement plombé notre budget. En même temps, qui peut se permettre de dépenser 500e par mois en plus d'une manière impromptue...si je travaillais on payerais nos factures et basta, il n'y aurait pas un centime de marge. En congé parental, nous sommes dans la pire situation financière que j'ai vécu de ma vie! Je vends tout ce que je peux, ça déstocke et fait un peu de sous, mais je t'avoue que c'est plus que raide. C'est simple, avec ces 500e qui sortent chaque mois, nos comptes ne tiennent pas même en réduisant toutes les dépenses au minimum.

 

Tout problème a une solution: nous pourrions stopper l'équitation de la Pouillette, qui nous coûte très cher.  C'est le seul budget qu'il est encore possible de réduire. Mais c'est hors de question, c'est sa grande passion et je ne l'en priverais pour rien au monde. Nous pourrions faire un prêt à la consommation. Mais rembourser pendant des années pour rester seulement 6 mois de plus (dont 2 mois de vacances scolaires...) avec Polochon à la maison, ce serait quand même ballot.

 

Alors j'ai fait la liste des avantages et inconvénients d'une reprise pour ses 17 mois, je tente de me motiver...

 

Soyons clairs, il y a d'autres "pour" que l'argent. Une reprise au printemps serait professionnellement plus douce pour moi qu'en octobre. On pourrait passer de belles vacances d'été et pourquoi pas, partir un peu (oui c'est l'argent ça, mais bon...). Je pourrais faire la rentrée dans mon nouveau collège plutôt qu'arriver un mois après comme un cheveu sur la soupe. Mes horaires de reprise seront tout de même doux puisque je serais à 80%.

 

J'ai une solution de garde correcte pour Polochon, la mam où il va en ce moment. Ca lui permettrait de ne pas être trop choqué par le changement de rythme.

 

Mais les contre sont nombreux.

C'est mon dernier bébé. Après lui, je vais bosser 25 ans d'affilée, alors je rage de ne pas pouvoir prendre 6 petits mois de pause enchantée encore, à ses côtés. Tu imagines, je vais en faire rentrer de l'argent en 25 ans...qu'est ce que 6 mois par rapport à 25 ans?

 

En France il est considéré comme "normal" de reprendre le travail quand son bébé a moins de 3 mois, alors beaucoup me disent: "oh, c'est déjà bien!". Mais cette société est juste horrible, et les normes "anthropologiques" sont bien différentes...A mon avis nombre de problèmes que notre société occidentale rencontre sont liés à cette séparation précoce. Tu as déjà vu un bébé de 10 semaines? Je pense qu'il a surtout besoin qu'on respecte son rythme, de rester bien au chaud avec sa maman ou le cas échéant, son papa...Quel mépris des besoins humains fondamentaux que ce congé maternité de même pas 3 mois! Sans parler des besoins des parents...combien de dépressions, combien de burn out sont liés à cette reprise si tôt.

 

Polochon est un petit bonhomme dégourdi et indépendant, je suis confiante dans son adaptation, mais je trouve tout de même qu'il est petit pour être gardé sans nous de 7h45 à 17h. Lui qui aime bien dormir tard, je vais le lever à 7h au plus tard.

 

Sans oublier que l'homme est loin. J'ai aujourd'hui trouvé le rythme, seule avec les trois diablotins. Mais en travaillant, je vais le sentir passer. Il va falloir retrouver un nouveau rythme, préparer les enfants très tôt le matin, les déposer, avant d'être à mon travail à 8h. Je sens qu'il va falloir que je gère beaucoup de fatigue.

 

Alors voilà, j'essaie de trouver de la motivation. Je me dis que ce sera court, qu'on sera vite en juillet pour reprendre deux mois de pause. Mais cette reprise dans un mois ne me fait pas vraiment envie...

 

 

 

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25 juin 2015 4 25 /06 /juin /2015 05:16
La mutation inattendue (et inespérée).

Il y a des choses qui arrivent parfois, dont la probabilité était plus faible que de gagner au loto (et comme je ne joue pas...), mais qui arrivent tout de même et qui nous laissent...abasourdis.

Je suis abasourdie.

 

Je remonte l'historique, tu vas comprendre, et me rejoindre dans l'abasourdissement. (Surtout si tu es prof).

(C'est français, j'ai vérifié!).

 

Je bosse dans un collège qui, pour un certain nombre de raisons, n'est pas celui de mes rêves. Depuis que j'y suis je n'ai eu de cesse de regretter mon ancien poste, dans le 93, certes mouvementé, mais j'y étais épanouie.

Cependant je n'y suis pas non plus "malheureuse", sauf certains jours où c'est plus tendu que d'autres.

 

Il a le double avantage d'être à 15 minutes en voiture de chez moi et d'être classé ZEP, ce qu signifie que je touche une (modique mais elle est là) prime et surtout, que je cumule plus de points que dans un collège plus classique. Je peux donc espérer pouvoir en partir plus rapidement. Les mutations dépendent des points.

 

Je n'étais pas prête à demander un poste plus loin, sans savoir si ce serait mieux professionnellement, où je serais peut être coincée très longtemps.

 

Mon calcul était: je fais le dos rond, je serre les dents et le reste, et le jour où je pars, c'est uniquement pour le collège de mon bled: celui de la Pouillette.

Collège qui semble vivant, agréable, bien plus calme, et où mon poste semble être respecté (d'après la Pouillette et des copains qui y bossent). J'y connais déjà des profs, et c'est le genre de collège, quand tu l'as, tu y meurs.

 

Et il est à 3 minutes en voiture, 6 en vélo, 15 à pieds.

 

Il y a deux postes pour moi, pourvus depuis 10 ans par des personnes de 45 ans en gros, pas prêtes de lâcher leur place et je les comprends. Donc pour un projet à court ou moyen terme, c'est mort.

 

En ZEP, je cumule des points plus rapidement donc, et si je demande chaque année le même établissement, je cumule également quelques points dessus en plus, chaque année. Vu que c'est pour dans 15 ans...ça peut faire la différence.

 

Patiente que je suis, j'ai décidé de commencer à demander pour avoir ces points. Je suis une fourmi!

 

Les résultats des mutations sont arrivés, mais je ne les ai même pas regardés...forcément, pour moi, c'est dans 15 ans...

 

Par une collègue j'ai appris que je mutais. Ma première réaction a été: "hein? Mais où ça? J'ai pas demandé, c'est pas possible!".

 

Eh bien si. Avec mes 2 petites années d'ancienneté. Parce que j'avais été la seule à demander. Parce que personne ne savait qu'un poste se libérait.

 

Que dire???? Une chance pareille!!!!

 

Alors? Abasourdi?

 

 

 

 

 

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16 mars 2015 1 16 /03 /mars /2015 06:50
Brève de CDI: RIE (éducation respectueuse) au collège.

Je travaille dans un collège difficile, classé sensible, zone violence, etc.

Parfois c'est mouvementé, et c'est souvent agité.

 

Un des points noirs, c'est la circulation dans les couloirs.

 

Souvent les élèves y sont ingérables.

 

Avec mon travail, je vais souvent chercher des classes dans leur salles après les sonneries, et je les amène dans mon CDI pour telle ou telle activité.

Les canaliser dans le couloir, c'est quelque chose. Et si je n'y arrive pas, c'est clairement craignos, vu qu'il n'y a que nous dans le couloir, les autres classes sont déjà au travail.

 

Ce que je leur demande, c'est de descendre en rang, d'un bloc, sans s'étirer tout au long du couloir, et bien entendu silencieusement.

Ahah.

 

Un jour, je devais aller chercher une classe particulièrement...hem...pleine de vie, dirais-je gentiment. Si tu veux je t'expliquerais méchament, ou réalistement, mais en privé!

 

Je suis montée, j'ai sortis les affreux dans le couloir, je les ai rangés manu militari (ce qui vu mon gabarit et celui des élèves requiert un physique sportif, crois moi).

 

J'ai avancé de 2 cm, et c'était déjà le bordel derrière moi.

Alors je me suis dit: "et si je tentais juste de leur expliquer?"

 

Parce qu'on part tous du princpe que les élèves savent le pourquoi des règles. Mais on se trompe. Les mots sur les choses, c'est toujours un sacré plus en éducation. Même si ça semble évident.

 

J'ai sorti mon plus beau sourire, et je leur ai demandé s'ils savaient pourquoi on leur demandait d'avancer en rang sans faire de bruit.

J'ai récolté un silence...

 

Je leur ai donc expliqué, en les regardant tour à tour dans les yeux, en souriant, d'une voix douce et posée les raisons de ces règles.

J'ai cru déceler des lueurs dans leurs regards, sisisisi. Rien que le fait de leur parler comme à des êtres humains normalement contitués, crois-moi, ça les a scotchés. Un adulte au collège qui ne leur hurle pas dessus, ça change! Même moi j'étais étonnée par le propre son de ma voix!

 

Je tu promets que je suis descendue jusqu'à mon CDI avec un groupe en rang, calme et aussi silencieux que possible.

Je sais bien que la nouveauté marche toujours, ou presque, et que ce sera sans doute one shot, mais je t'avoue que j'étais moi-même bluffée. Et je vais recommencer!

 

D'autres articles RIE par ici.

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 05:25

Parfois, je me demande...

 

Je te parle parfois des perles de mes élèves, mais il faut savoir que quand ces élèves grandissent, certains, parfois, deviennent profs. Eh oui.

Et pourtant certains restent tout aussi mal élevés, méprisants, insortables, qu'ils l'étaient à 13 ans.

Pas tous bien sûr! D'ailleurs souvent en retrouvant mes élèves 6 ou 7 ans après, j'ai de bonnes surprises!

Telle gamine ultra vulgaire, incapable de parler sans cracher, sera devenue une jolie jeune fille allant à la fac (sisi!) qui conseille à son petit frère de lire autant qu'il peut...

Pas tous non plus, d'ailleurs...

 

Bref!

 

Ce jour là, donc, j'étais assise à mon bureau, tentant d'oublier qu'il me restait 4h à tirer.

Quelques élèves tout aussi déséspérés que moi erraient de fauteuil en chaise.

 

Une prof, toute jeune fraîche émoulue de l'IUFM, comme quoi si la valeur n'attend pas le nombre de années, la connerie non plus, est entrée.

J'ai levé ma tête et esquissé un sourire, elle ne m'a pas regardée.

Sans un seul coup d'oeil sur moi (suis-je devenue transparente entre temps, je ne sais...), elle a traçé, m'a contournée, et s'est dirigée d'un pas assuré vers...l'armoire qui se trouve derrière moi.

 

 

armoire.jpg

 


MON armoire avec, dedans, MES affaires, mes réserves, mes fournitures, et les livres que je dois couvrir incessamment sous peu (un jour viendra...). Plus des biscuits, une canette, un peu de monnaie.

Mes affaires, quoi. Mon armoire. Derrière mon bureau, derrière ma chaise, derrière moi.

 

Je tiens à signaler que cette armoire se trouvant pile entre mon corps et la porte, elle ne peut pas ignorer que ce n'est pas le rayon papeterie de Carrouf, là où il serait fort légitime qu'elle se serve.

 

Toujours sans un regard ni un son dans ma direction elle a ouvert ladite armoire, a pris un bouquin en souffrance de couverture, et l'a feuilleté. Puis l'a remis, et est repartie.

 

Ce qui est con, c'est que quand je rencontre une situation incongrue, je reste coîte. Je n'avais pas anticipé un truc pareil, aussi mal élevé que ça. Qu'un élève se comporte mal, je suis prête, c'est mon taf. Mais un prof?

 

Les bras m'en tombent et la voix avec.

 

Voilà, voilà, tu aurais fait quoi à ma place?

 

 

 

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19 novembre 2013 2 19 /11 /novembre /2013 06:03

Parfois, mon travail me permet d'entendre des perles dignes d'un humoriste...

 

DSCF4927

 

 

Mon collège est classé tout ce que tu veux: ZEP, ECLAIR, zone sensible, zone prévention violence, alouette.

On a tout un tas de structures aux noms très IUFM (Ioumf pour les intimes).

SEGPA, ULIS, Classe relais, dispositif de remédiation, et...les ENA.

Non, ne rêve pas, il ne s'agit pas d'une classe préparatoire pour entrer à l'ENA. Ce serait même ce qui pourrait s'en éloigner le plus...

Ce sont des élèves non francophones.

Logiquement, certains sont tout justes immigrés de divers pays plus ou moins sympas et exotiques. Il y a même un Albanais (mais que diable fait-il dans cette galère, celui-là?). Et des Russes, aussi. Etonnant, hein?

Beaucoup moins logiquement certains sont bien plus français que moi, si on remonte leurs ancètres (et pour ma part il y a peu à remonter, chez moi on n'est Français que depuis...ma mère!).

Bref.

Ce jour-là, des élèves de cette structure d'accueil de gamins non-francophones faisaient leurs devoirs dans mon CDI.

Je les entendait au loin papoter entre eux.

En français: pas le choix, une Russe et une Marocaine n'ont que leurs rudiments de la langue de Molière en commum pour communiquer.

 

Et tout à coup:

 

-"J'ai mal au genoux, je vais me "sassir".

- Mais non, on ne dit pas "sassir" en français!

- si, c'est "sassir"! Comment tu dis, toi?

- Il faut dire: je vais m'sassoir! "

 

Je n'ai pas eu envie de faire ma prof et de les reprendre. C'était trop trop trop mignon.

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16 septembre 2013 1 16 /09 /septembre /2013 05:59

J'ai repris le travail, c'est la rentrée.


Je suis donc dans un établissement que je ne connais que depuis le mois de mai.

Quasiment pas, en fait.


Je ne suis encore familière avec personne.

 

Et je bosse.

 

Les premiers temps de septembre, j'organise le CDI et je m'occupe de la distribution des manuels scolaires, essentiellement.

 

J'aimerais bien me faire des collègues/copains, mais pour le moment je n'ai eu ni le temps, ni l'occasion pour.

 

Et ça ne m'empèche pas de dormir non plus.

 

Quand certains collègues, avec qui je n'ai pas encore eu vraiment de conctacts, essayent grossièrement de faire copain...eh bien ça m'horripile.

 

La (vieille) collègue qui débarque et me raconte qu'elle aime bien les chips pour l'apéro...

Ou encore qu'elle s'est enrhumée au supermarché la veille...


L'autre qui m'explique qu'elle est en retard parfois parce que sa voiture est vieille et refuse de démarer...


Ceux qui me posent des questions ultra perso alors que c'est la première fois que je les vois...


-"Et tu as des enfants?"

"-moui...deux...."

-"Ahhhh (extase débile). Ils ont quel âge?"

-"euh...10 ans et 2 ans..."

- "ahhhh (ton de la surprise...ça doit lui sembler étrange...). Et pourquoi tu as attendu aussi longtemps entre les deux?"

-"???!!!!!"

 

Celle qui me tombe dessus pour me dire qu'il fait beau ou pas, qu'il pleut, ou pas, que le temps va se raffraîchir (ben oui, c'est l'automne ma bonne dame, comme chaque année hein!)...

 

Ca me gonfle!


Je ne les connais pas, je ne veux pas me mettre tout le monde à dos dès le début, mais au travail comme ailleurs, je ne force pas les atomes à devenir crochus.


D'abord: je bosse.


Et si on en vient à bien s'entendre, super!


Sinon, je bosse, et c'est bien pour ça que je suis là, moi.

 

Je pense que ce n'est pas parce qu'on travaille au même endroit qu'on doit forcément se raconter nos vies ou devenir des potes inséparables.

 

Je reste donc polie, mais je ne sais pas tellement faire semblant, et ça se voit, quand je m'agaçe.

 

Quant à raconter ma vie à la cantonnade en salle des profs ou à questionner les collègues avec insistance, c'est non.


 

Parce qu'en plus, pour le moment, vu que ce ne sont pas mes copains, la vie privée de mes collègues, hein, comment dire..je m'en fous!

 

 

C'est mon pavé dans la mare de la Mère Cane!

 

 

pavédanslamare

 

 

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Le Blog Des Petits Diables

  • : Petits Diables
  • : Ancienne parisienne partie au bout de la France, je raconte mon petit bout de chemin. A la maison, nous sommes 5, Polochon, le Cromignon, la Pouillette, l'homme et moi. Ca en fait des histoires! Adepte du portage, des couches lavable, de l'éducation non-punitive, du no-poo, des cosmétiques clean, maman allaitante mais pas militante, randonneuse dans l'âme et dans les pieds, et plein d'autres trucs encore...
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